samedi 7 février 2009

Parc Puracé suite

Après Popayan c'est le grand trou, ni noir, ni blanc, ni d'aucune espèce de coloris...
Place à l'exploit qui pour moi n'en est pas vraiment un : je ne sais pas ce qui glisse le plus entre les objets ou ma poche. Bref il s'agit de l'appareil photo, qui dans l'ambiance rebondie de deux heures de bus sur une piste inégale, s'est retrouvé... ben je ne sais pas où, et m'en suis apercu trop tard !
Dorénavent les paysages, verdoyants ou rocailleux, ne seront que pattes de mouches électroniques trottant sur fond clair... !
Cela risque de m'obliger à redoubler d'imagination pour attiser les curiosités, ou la laisser choir comme une branche morte.


Aller, je me risque à vous raconter mes deux jours de nature.

Vous savez déjà en partie pour le bus, je me rend au "cruce de la mina", de là je prend à droite pour l'indescriptible lieu d'accueil touristique de la région.
Arrivé aux thermes de San Juan j'apprend que ma destination est à 1h de bus en arrière. Bref ce bus ne m'a pas vraiment réussi !

Ce lieu touristique, entre hôtel-restaurant et refuge, à trois kilomètres de la piste principale, en lisière supérieure de la forêt équatoriale, 3300m d'altitude, propose un tout absolument spartiate mais chaleureusement égayaé par une (ou les deux je sais pas trop) famille(s) souriante.
Au menu : soupe bien chaude et repas traditionnel (truite ou poulet, riz haricots rouges ou patates, platanos et riz), soirée auprès du feu entre voyageurs et gérants, puis entre voyageurs seulement, il y a le foot à la télé. Et oui, tout comme un refuge mais avec les délices de la vie moderne !


Je passe mon premier jour avec deux voyageurs rencontrés la veille, Julien et Yaraa (Francais et Israelienne). On commence par les condors.
Alors il faut savoir que les condors viennent entre 8 et 9h. Ils ne tolèrent pas le retard. Encore pire, quand il fait beau ils repartent illico presto dans la force des courant ascendants.
8h, rien...sauf une quinzaine de touristes à attendre, il fait beau. 8h30, devinez...l'un de nous observe une crotte de condor sur le rocher voisin...c'est bien là !
9h le gérant se pointe en quatre quatre avec sa cargaison de viande en putréfaction, ses enfants déversent ce met sur le rocher en question.
11h deux condors nous narguent, perchés sur la falaise voisine: L'un tente une approche, sait la proximité de la nourriture, se pavanne cinq secondes au dessus de nos têtes déridées, s'enfuit. Plus rien que deux condors à observer aux jumelles. En vrai c'est déjà pas mal, mais ils étaient sensés venir à 5m alors comprenez.
Devons-nous en déduire qu'ils n'ont pas faim ?
Très belle morale en tout cas à la grossièreté de cette technique et à notre absolu manque de discrétion : vingt touristes habillés de couleurs fluos et beuglants à l'approche de l'oiseau.
Il paraît que c'est pas grave quand le rapace a très faim.

Ensuite direction la cascade San Nicolas. Dans notre cas, arrivés au pied de la cascade c'était comme si on étaient déjà passés dessous, quatre kilomètres de pluie, 1km de sentier disons "boueux", je ne connais pas les standards mais 20cm de boue me suffisent. C'était quand même super bien ! Et puis ca fait des trucs à raconter. Immaginez si je devais décrire le paysage....bon aller simplement c'est vert de tous les verts. Ca grouille du sol au plafond de feuilles dont on ne ne connais pas le propriétaire, il n'y a pas de bois mais que de la mousse et des centaines de rideaux de toutes les tailles. On grimpes sur de moux dos statiques à la longue laine toujours jeune pour finalement se sentir décoiffés et brumisés par un vent de 50m de hauteur.


Deuxième soirée auprès du feu. Avant goût du volcan du lendemain avec un groupe de colombiens faisant sécher leur vêtements...je récolte les conseils, recois une invitation du guide local à joindre son groupe, puis on passe à autre chose. Je tchatche longuement avec une voyageuse colombienne aux nombreux bons plans en Equateur et Bolivie. Bonnes auberges et bars ou l'on peut trouver du boulot si on tombe en rade.

Je mets le réveil à 4h30...de l'après midi, râté ! Je me lève quand même à 6h avec le jour et l'excitation, mon sac est près, pas de petit dej, j'ai tout avalé la veille. Je me lance alors dans l'ascention, seul comme me l'indique mon souhait. La forêt se transforme instantanément en parcs à bovins tapissant de leurs motifs liniformes les deux premiers contreforts, fort raides d'ailleurs.
Je rejoins le groupe de marcheurs...je continue. Les parcs se changent en une immense tourbière pratiquement plate où le jeu est de sauter d'îlots en îlots sans plonger dans les flaques argileuses pouvant aller jusqu'à 50cm (selon le gérant, j'ai pas eu l'opportunité !)
Je passe le chemin de gravier montant à une vieille antenne relais désafectée pour rejoindre ce qui me parait être le dernier mur. En fait j'en sait rien, au dessus c'est de la crème fouettée.
Il y a finalement trois murs, le premier est encore un tapis vert et humide, puis il laisse place à des mousses de plus en plus ridicules sorte rouille sur pierre noire, tandis que la crème fouette le visage. Je me trouve un refrain de reggae bien lent (one step...) et continue dans la poussière figée par l'humidité, la pente s'adoucit, par moments je devine une grande étendue plane en même temps que je sens la chaleur d'un disque jaune laiteux...ouf
Il paraît qu'il y a un cratère, pour moi c'était une grande ligne droite séparant le plat d'un précipice accidenté. Je la suis un moment, dans un sens, dans l'autre. Un peu de lave et je savias où l'homme s'est inspiré l'enfer.
Il est agréable de déambuler sur le plat du sommet jusqu'au moment où je me se sent brumisé jusqu'aux os, en plus je vois rien, je m'acclimaterai un autre moment, ciao.

Finalement 6h m'on suffit pour l'aller retour + casse croute à la descente. Je passe une après midi entre soleil et petite bruine sur la terrasse, bière, bouquin, repos. Deux heures plus tard le petit groupe guidé refait apparition, gnark gnark ñark !

1 commentaire:

  1. Je partage avec toi cette douce fierté d'avoir mis la risée à un groupe de touristes chevronnés qui se démarquent uniquement parce que eux n'ont pas galéré dans la boue, la brume et la crème fouettée et on suivi le guide qui connaissait un petit chemin jouerge sur lequel le soleil brille toujours...Mais on s'en fout, c'est ça qu'est bon, au moins on est pas des touristes, bordel, jamais...mouhahahaha.
    Allez, un salut de psychopathe, niârk, niârk.
    Bon jouerge

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