Eh oui, ici je suis pas au chomdû !
HidroIntag est donc une toute récente entreprise d'économie mixte portant le projet de 9 centrales hydroélectriques dans la vallée de l'Intag et autres affluents du rio Guallabamba

Pour se repérer un peu
L'idée générale de vendre du jus pour générer des ressources financières (soutenables) à réinvestir pour le développement la zone de l'Intag (13000 gugus environ) : éducation, santé, infrastructures, transport, agriculture, ... la liste est longue.
En gros c'est écolo, ça crée du boulot, ca fout dehors les mines et ca ressoude la société, le tout c'est d'en parler.
Et cela consiste à trouver des alliés pour les études et les futurs travaux et proposer aux communautés campagnardes de s'approprier le projet : resencer les personnes qui souhaitent étudier pour se former aux métiers relatifs uax centrales hydro (construction, maintenance, ...), s'organiser pour ensuite pouvoir proposer des projets utilisant les ressources de la vente d'électricité.
C'est un travail fastidieux...ici les gens habitent en communautés parsemées jusqu'au fin fond des pistes cabossées et même plus loin encore, à pied. Le niveau d'éducation n'est pas toujours très élevé si bien qu'expliquer un projet d'une telle envergure relève du talent et de la patience, du rêve même, celui qu'il faut écrire tous les matins au réveil pour ne pas l'oublier, plongé dans culture jeune etvivace mais un poil hasardeuse et désordonnée comme la selva verdoyante de cette valée.

Voila ce que signifie il faut en parler (Socializacion)
Et puis les gens eh bien c'est comme chez nous: les idées de l'un ne collent pas avec celles de l'autre, l'un (ou l'autre) propose, l'autre (ou l'un) n'ose pas, ni ne tente celle de l'un (...). Alors si c'est vrai entre deux personnes, quel bordel dans une société ! Le changement, ou la rétiscence qu'on lui oppose doit faire partie du genre humain...
Quelqu'un s'occupe du projet, tout en le rêvant, Denis, mon chef, seul employé de l'entreprise qui pour l'instant vit grâce aux budgets et aides des ONG et de la CCAS (comité d'entreprise d'EDF).
A l'intérieur de tout ce shmilblick, mon boulot c'est commencer une campagne de mesures des débits des rios sur lesquels une centrale est en projet (9) ce qui rentre dans la banane de la science de l'eau, soit l'hydrologie.
L'idée est d'instaler des règles sur 5 des rios, de former un lecteur de niveau biquotidien habitant pas trop loin et en parallèle de faire des mesures de débit pour connaître la loi hauteur-débit.
Pour ceux qui connaissent, commencer des mesures aujourd'hui pour dimensionner des ouvrages risque de donner des suprises à la première crue du rio. Le fait est qu'il pas pas d'avant pour ces petits rios. Par contre les chercheurs (français) hydo de l'IRD de Quito ont grosso-modo une modélisation basée sur des données plus ou moins vieilles (20-30ans) du bassin versant du rio Esmeraldas (en surface un dixième de l'Equateur tout entier) au niveau global, soit à l'exutoire (pluvio sur le bassin-débit du rio en sortie). Nos mesures vont aider aux chercheurs à caler un modèle au niveau local. Le but est donc les résultats pour obtenir des données certes fictives mais plus anciennes. Collaboration ou chacun y trouve son compte.
Le deuxième but est aussi à terme de suivre l'évolution hidrologique et chimique du coin pour pouvoir mesurer les impacts de reforestation, de l'agriculture, ... et pourquoi pas du changement climatique ?!

La fine équipe va poser une règle (enfin là une réglette...) et mesurer le débit du río.
Pour info celui là c'était 7 m3/s ! Eh ben ca brasse ! De l'eau jusqu'au nombril, sans la corde c'est rafting jusqu'au pacifique !
Le budget est pas gros (500 dolars). Un chercheur de l'IRD de Quito nous a aidé pour l'instalation de quelques règles, et nous prête un appareil servant aux mesures de débit, un micromoulinet (la chose coute plus de 2000 dolars, budget que nous n'avons évidemment pas).
Avec ces données de départ je commence mon boulot. Deux difficultés. Le moyen de transport, pas de moto disponible. Ca se règle au bout d'un mois et demi. Un mois et demi de marche à pied, et pour aller au rio c'est long...
La solitude, car il faut être au moins deux pour faire une mesure. Pas de budget pour payer un gars qui vienne et ici, pas de volontaire, enfin pas beaucoup....
Bref, avec un record de 10 mesures en trois mois, je me rends compte que ce n'est pas la bonne approche.
Formation pratique à l'utilisation du micromoulinet.

Un petit volontaire gringo (un vrai cte fois) qui m'a filé un coup de main, super enthousiaste d'avoir quelque chose à faire. Eh oui, un stage pratique de trois semaine dans ce coin ca veut pas dire grand chose...
Pas de moyen signifie formation. Je m'explique. Une alternative durable à ce petit projet dans le projet serait de former une petite équipe locale, composée de membre de chaque recoin pour qu'il puissent faire les mesures. La formation, ca coûte pratiquement rien (le formateur est volontaire !)
Un premier niveau de formation perttrait d'élever l'attention sur le projet (ah tiens y a peut être du boulot...) et de peser plus lourd quand il s'agira de demander des sous pour payer les mesureurs ou faire une deuxième formation.
Du coup je me suis lancé là dedans. Ca fait déjà un mois et demi que je suis dessus. Le temps ne me fait pas peur sachant le rythme ici. Ca va doucement et mon chef me dis que ca y va surement...
Bon la c'est la ligne droite alors, c'est pour le 15 juin et à priori toute la semaine dans chaque recoin. Des tonnes d'invitations à "envoyer", soit faire le facteur, et un problème à résoudre, trouver un micromoulinet, car celui qu'on nous a prêté eh ben il est reparti !
Confiance confiance ...
Disons qu'à un petit mois de la fin je peux commencer à reculer un peu.
5 mois c'est court ! Surtout ici et en apprenant l'espagnol en même temps, car la langue c'est le nerf (enfin après les thunes mais y en a pas !) et au début c'était super dur.
J'en ai appris beaucoup sur plein de trucs, eh oui faut être succins parce que là y en à déjà une bonne tartine !
En deux mots, super intéressant de gérer un projet technique (si petit soit-il) tout seul. Car le chef, n'est pas technique, il connaît très bien l'objectif mais le reste c'était à mettre en place.
J'ai compris en direct live l'intérêt de faire l'inventaire des besoins et des moyens, et puis à me débrouiller avec ce qu'il y a aussi !
Le difficile était que je n'avais pas idée de ce que j'allais faire avant d'arriver et j'ai du me lancer direct en oubliant un peu de réfléchir !
Pour finir, je me suis rendu compte que très tard d'une chose essentielle pour moi petit français formaté au rythme 5-2 qu'ici la notion de travail est vraiment différente.
J'ai besoin de contacter des gens de partout pour organiser la formation hydrologie, en milieu rural et travaillant pour un projet agissant sur une région de pus de 700 km carrés avec un système de communication n'est pas le notre.
Dans les villages il y a quelques téléphones, et certaines communautés n'en ont pas. Bref c'est différent, les personnes qui veulent bien m'aider à faire passer les messages (présidents de communautés, membres d'associations...) oublient régulièrement...
Tout cela fait que le temps lui-même est une notion super floue, et les premiers perturbés sont les week end !
Après deux mois sans pratiquement avoir bougé d'ici (zone de Intag) je suis allé à Quito (aux alentours du 15 avril) pour une petite visite aux hydrologues de l'IRD (Institut de Recherche et de Développement).
Je suis ensuite retourné plus régulièrement à Quito pour les démarches de renouvellement de visa. Une semaine chez Saul, mon coloc d'Apuela (ingénieur en microbiologie du sol qui travaille pour l'amélioration des cultures de café (Bio)), suivi de deux autres séries trois jours chez mon amie Myriam (Myri à terminé ses études en administration des entreprises à Apuela. On en a profité pour se connaître et devenir amis).
Conclusion, depuis ce temps là j'ai pris goût à utililiser mes week-end même si j'ai pas pu voir untel ou autretel... ca ralenti pas tant le projet et c'est vital !